Gaspille-t-on toujours autant avec les appareils laissés en veille ?

Depuis une dizaine d’années, des réglementations ont été édictées au niveau européen pour modérer les consommations en veille de nos appareils électriques.

Ces réglementations ont-elles été efficaces ? Qu'en est-il aujourd'hui ?

 

 

La vieille histoire des veilles

Petit retour en l’an 2000... Chez la famille Growatt, on s’équipe en high-tech de l’époque, on multiplie les appareils électriques et électroniques et on les laisse en veille, même lorsqu’ils servent peu. En ces temps-là, point de contrainte sur les fabricants ni de prise de conscience écologique. Les appareils se révèlent terriblement gloutons même en mode veille. Ainsi, le téléviseur, la chaîne hi-fi, le four micro-ondes ou le lampadaire halogène engloutissent jusqu’à plus de 10 Watts de puissance juste pour se tenir prêts à être rallumés.

Mis bout à bout et sur la durée de vie des appareils, ces consommations cachées représentaient un gaspillage de l’ordre de 1000 € pour la famille. Les années passant, les appareils se sont multipliés et les prix de l’électricité ont grimpé…

2008. Après plusieurs années d’alerte et de débats, l’Union européenne finit par dire « ça suffit » et oblige les fabricants à mettre sur le marché des appareils qui ne consomment en veille que le strict nécessaire. Pas besoin d’une débauche d’électrons pour garder une petite lumière rouge allumée et attendre bien sagement que quelqu’un appuie sur un bouton…

Aujourd’hui, voit-on le résultat de ces décisions ? Et doit-on encore se préoccuper de tous nos appareils laissés en veille ou peut-on les oublier un peu ?

 

Ça va mieux !

A première vue, la situation s’est heureusement améliorée. Les appareils achetés ces dernières années sont dans leur grande majorité bien plus vertueux. Quelques exemples :

  • L'étude ComplianTV, menée sur un échantillon de 170 téléviseurs récents du marché européen, atteste des veilles très faibles, bien souvent inférieures à 0,5 Watt. Sur une année, laisser un téléviseur récent branché vous coutera moins de 50 centimes par an.
  • Même son de cloche pour les ordinateurs, tablettes et smartphones. La portabilité et le besoin d’autonomie ont conduit les fabricants à atteindre des niveaux de consommation très faibles en veille, par exemple 0,25 W pour l’iPad.

La bonne nouvelle se confirme sur de nombreuses autres catégories de produits. En vous équipant d’appareils standards récents, les veilles ne devraient plus alourdir votre facture d’énergie que de l’ordre de 20 € par an à l’avenir. Ouf !

Fin de l’histoire ?

 

Les veilles connectées en embuscade

Hélas, entre-temps les chantres de l’informatique et de l’audiovisuel ont imaginé pour nous l’avenir du « tout connecté », où chaque appareil se doit d’être constamment relié à internet par Wi-Fi ou Bluetooth pour pouvoir communiquer et être piloté à distance.

Les écrans, appareils de bureautique, et bientôt l’électroménager et autres appareils de cuisine dits « intelligents » seront tous connectés 24h/24, même quand ils se reposent en veille. Ce qui nécessite une couche de consommation d’énergie supplémentaire, parfois conséquente pour maintenir cette connectivité permanente. Il est prévu que des millions d’appareils deviennent ainsi connectés dans les décennies à venir.

Un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur la consommation de « l’Internet des objets » tire la sonnette d’alarme, et cite l’exemple d’ampoules connectées dont la majorité de la consommation d’énergie se produit pendant le temps où elles sont éteintes !

L’Union européenne avait vu venir cette menace des « veilles connectées » et a dégainé en 2013 un amendement à ses réglementations. Il prévoit des restrictions progressives de la puissance permise pour ces modes veille connectés qui s’étalent jusqu’en 2019. Mais avec des niveaux d’exigence qui restent plus laxistes que pour les modes veille traditionnels.

Avec la tendance à connecter de plus en plus de choses, on risque donc un retour de bâton et une remontée de la consommation de nos appareils en veille. Peut-être pas aux niveaux catastrophiques de la famille Growatt en 2000, mais à surveiller tout de même…

 

Rester vigilant

Il y a donc matière à ne pas relâcher la bride et à continuer à traquer les consommations d’énergie dormantes, surtout quand elles sont vraiment inutiles. Par exemple pour des appareils utilisés peu fréquemment qui peuvent tout aussi bien être débranchés.

 

Pour en savoir plus :

Le Guide Topten a compilé un ensemble de conseils et recommandations sur les solutions pour maîtriser au mieux ses consommations en veille, à découvrir ici :

http://www.guidetopten.fr/home/recommendations/modes-veille.html

 

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(29/11/2016)