Appel à un meilleur contrôle des performances énergétique

Après la retentissante affaire des moteurs diesels manipulés pour paraître plus propres qu’ils ne sont en réalité, des interrogations se posent sur l’existence de pratiques similaires dans d’autres domaines, tels les appareils électroménagers et électroniques.

 

 

Des scandales du type Volkswagen sont-ils possibles ailleurs ?

Il est vrai que la sophistication croissante des appareils à base d'électronique peut faciliter la mise en œuvre de techniques destinées à obtenir une meilleure performance écologique ou énergétique lors des tests en laboratoire.

Dès 2008, la fédération européenne des fabricants d’électroménager alertait sur les risques de pratiques de ce type. Par exemple, des réfrigérateurs intégrant des programmes pouvant désactiver, lors d'un test, certaines fonctions, dans le but d'améliorer leur classe énergie (CECED Anti-circumvention position, 2008).

La Commission européenne stipule que la façon de tester ces produits doit " empêcher qu'un appareil soit programmé pour reconnaître les cycles d'essai et y réagisse de manière spécifique ". Mais ce vœu peut rester pieux face à l’ingéniosité de ceux qui tentent d’exploiter les moindres failles du système.

L’UE cherche aussi à empêcher les fabricants d’abuser des tolérances légales, pratique hélas répandue dans certains secteurs comme l’éclairage.

 

Des écarts constatés

Un récent rapport en provenance des Etats-Unis relance le débat sur des pratiques douteuses concernant les téléviseurs.

Publié par l’ONG NRDC, ce document révèle que certains modèles consomment près de deux fois plus d’électricité dans la vraie vie que ce qui est mesuré lors des tests officiels. En cause, les procédures de test ainsi que la présence par défaut sur les téléviseurs de mécanismes abaissant la consommation d’énergie qui sont ensuite désactivés sans avertissement dès que l’utilisateur modifie certains paramétrages de l’image. D’où une consommation qui grimpe en flèche par rapport à ce qui était attendu.

Certains de ces téléviseurs, de fabricants très connus, sont distribués également sur le continent européen. L'étude américaine vient étayer des suspicions déjà formulées par les autorités suédoises sur la capacité de certains modèles à reconnaître les situations de test.

 

Une pratique frauduleuse ?

Les fabricants qui exploitent certaines imprécisions dans les réglementations officielles argumentent sur le fait que ces pratiques ne sont pas techniquement illégales.

Pourtant, elles ne respectent pas du tout l’esprit de la loi qui stipule que la performance énergétique mesurée durant les tests doit être autant que possible représentative de l’usage réel des appareils.

 

Que faire ?

S’il ne faut pas généraliser hâtivement et condamner l’ensemble de la profession, ces informations renforcent l’urgence et la nécessité de conduire des contrôles stricts et plus systématiques sur la consommation des appareils.

Mentionnons à ce propos un projet européen récemment lancé par une coalition d’ONG, dont Topten, intitulé « STEP » qui prévoit un budget de 400 000 € pour détecter d’éventuels comportements d’appareils douteux ou de conditions de test inadéquates.

 

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(30/09/2016)